Holocauste – Derrière le Mur – Aurélien Bouraine

“Isolé dans les plaines tchèques, le camp de concentration de Theresienstadt abrite une partie de l’inoubliable, tragique et accablant passé de la seconde guerre mondiale. 

La petite forteresse témoigne de son histoire par un silence pesant ; presque étouffant. Glacial, le vent souffle violemment dans les moindres recoins du centre de détention. Les murs suintent d’humidité comme s’ils pleuraient le douloureux souvenir de ceux qui y auront vécus malgré eux. Le malaise est présent, oppressant.

A travers les barreaux, la lumière laisse paraître une rare lueur d’espoir mais inévitables viennent les sentiments de peur et de stress lorsque l’on marche dans le tunnel qui vous mène vers la mort. 

Condamnés. Libération d’une torture physique et psychologique, la mort raisonne tristement avec délivrance.

Plus de 150 000 personnes auront été détenus ici avant d’être déportés principalement vers les camps d’extermination de Treblinka et Auschwitz.

Au pied du poteau d’exécution, les têtes s’inclinent.

Présentation de la série « Holocauste – Derrière les remparts » Terezin. Hiver 2019.

J’entre dans le camp de concentration de Theresienstadt qui m’est encore inconnu quelques jours auparavant. Un silence extrême s’impose respectueusement autour du site.

A travers un parcours glaçant comme le temps, la visite nous aura conduit de nouveau au devoir de mémoire.

Par des températures proches de zéro, il est impossible de ne pas se mettre à la place des prisonniers et des déportés qui auront vécu leur détention vêtus de quelques bouts de tissus.

Au delà des conditions physiques, je ne peux m’empêcher de penser à la difficile condition mentale qu’ils ont pu endurer. Dans l’isolement des cellules, j’imagine le faible espoir que ces hommes ont pu ressentir en observant

quelques filets de lumière passant à travers les barreaux. Être si près de la sortie tout en étant si impuissant doit pousser à la folie, à s’en taper la tête contre les murs.

Face à ces tristes vestiges de la seconde guerre mondiale, j’ai toujours été consterné par ce que l’Homme avait été capable de faire vivre à ses pairs. La question persiste. Comment peut-on en arriver là ?

A travers cette série composée de pièces de vie collectives et cellules d’isolement, j’ai voulu faire ressentir ce que

les déportés avaient pu endurer et éprouver. La série présente donc le parcours des déportés menant à la mort, à travers ces quelques derniers lieux dans lesquels ils auront vécu.

Réflexion proposée sur la série au public : La série de photographies entraîne le public sur le chemin de la mort avec les sentiments de froid, de solitude et de tourments intérieurs ; la lumière pour seule compagnie.

En plus du devoir du mémoire, il est invité à réfléchir sur sa vie, ses plaintes du quotidien et remettre à juste niveau les problèmes qui n’en sont peut-être pas.

En parallèle, dans une notion d’altruisme, il est également soumis l’idée de réfléchir sur sa manière d’agir et aux conséquences de nos actes.

A travers ces photographies, il est donc proposé une réflexion sur la prise de conscience de la liberté et le pouvoir de mener une vie désirée.”

– Aurélien Bouraine

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